La qualité de l’air chez nous : questions et réponses

Comment mesure–t-on la pollution de l’air, qui assure ce service, quelles informations sont délivrées ? Et quels sont les risques d’un air extérieur pollué pour la santé, en particulier si l’on pratique le vélo ? Nous sommes allés chez Air Pays de la Loire à Nantes début octobre pour en apprendre un peu plus sur ces questions.

La mesure dans notre région

Air Pays de la Loire est l’une des 21 associations indépendantes couvrant le territoire, agréées par le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, et assurant en réseau la mesure de la qualité de l’air en France.

Les mesures sont réalisées sur 31 sites au total sur la région Pays de la Loire, dont trois à Angers, choisis pour représenter différents types de milieu. Les mesures sont réalisées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, engrangées dans la base de données BASEMIS (data.airpl.org). Des modèles intégrant des données géographiques et climatiques permettent d’établir une carte régionale. Un indice calculé sur la base de quatre valeurs mesurées chaque jour est publié pour le jour même, associé à une prévision pour le lendemain (disponible en vous abonnant sur le site d’Air Pays de Loire ou dans l’appli Vivre à Angers).

Les quatre polluants pris en compte sont les particules fines inférieures à 10 microns, l’ozone O3, le dioxyde d’azote NO2 et le dioxyde de soufre S02. Pour chaque mesure, une valeur d’indice est calculée. C’est la valeur de la mesure la plus mauvaise qui détermine le niveau de l’indice global qui est publié. La valeur de cet indice global varie de 1 (excellent) à 10 (extrêmement mauvais). Il est à noter que les émissions de C02 (polluant dit climatique, mais qui n’affecte pas directement la santé aux teneurs actuelles) ou encore de différents pesticides ne font pas partie des mesures entrant dans le calcul de cet indice de qualité de l’air. Des alertes pollution peuvent être déclenchées si nécessaire, elles restent très rares sur la région Pays de la Loire.

En Janvier 2021, les modalités de calcul de cet indice changeront au niveau national. Seront intégrées les mesures de particules très fines (< 2.5 microns), ce qui rendra nettement plus fréquentes les moins bonnes valeurs d’indice. Une note d’optimisme : globalement sur la région et en tendance sur les dix dernières années, les valeurs mesurées diminuent pour tous les polluants mesurés en routine.

La qualité de l’air à Angers

A Angers, les valeurs fréquentes de l’indice de qualité de l’air sont autour de 3. Ces bonnes valeurs sur Angers sont dues aux fréquents vents d’Ouest et à l’absence de grandes sources locales de pollution industrielle. Mais un jour sur cinq en moyenne, l’indice devient moyen à très médiocre. Les critères qui posent le plus problème sont les teneurs en ozone (transport, industries) et en particules fines (combustion de biomasse, agriculture, carrières, chantiers, véhicules). Les pics de pollution sont rares et dépendent des saisons. Les températures élevées l’été ou les journées à couverture nuageuse basse l’hiver favorisent la pollution à l’ozone. L’hiver ou au printemps, certains chauffages au bois ou les travaux agricoles peuvent augmenter les teneurs en particules fines.

Les risques pour la santé

La pollution de l’air est un ennemi souvent invisible. Si l’indice de qualité de l’air est très mauvais (> 7) et que l’on est en bonne santé, la gêne peut rester limitée : gêne respiratoire, irritation de la gorge et des yeux, nez pincé… Une personne à risque par contre peut rencontrer beaucoup plus de difficultés avec aggravation des troubles cardio-vasculaires et respiratoires. Mais il faut s’intéresser aux effets cumulatifs de l’inhalation d’un air de mauvaise qualité. La pollution de l’air extérieur a été classée agent cancérigène par l’OMS en 2013. Elle produit une aggravation des pathologies respiratoires et cardiovasculaires, des troubles neurologiques. La pollution aux particules très fines (< 2.5 microns) est considérée comme responsable de 9% des décès prématurés en France dont 2530 chaque année en Pays de la Loire (Santé Publique France 2017).


Respirer à vélo : que faire ?

Il faut souligner tout d’abord qu’un piéton ou un cycliste sont dans une atmosphère moins polluée qu’une personne à l’intérieur d’une voiture. Et le bénéfice santé de la pratique du vélo reste supérieur à un mode de transport passif. Toutefois, à bicyclette il faut si l’on peut éviter les grands axes de circulation, ne pas rouler derrière un bus, préférer les pistes cyclables séparées de la voie de circulation. Se mettre sur le sas à l’avant des voitures au feu rouge permet d’être moins soumis aux gaz d’échappement émis au redémarrage. Autre recommandation : respirer par le nez car cela permet de contrôler inconsciemment l’intensité de son activité. Cela limite le volume d’air et donc la quantité de polluants inhalés.

Lors de pics de pollution, il faut continuer autant que possible à se déplacer à vélo, car cela contribue à limiter l’utilisation de la voiture et donc les émissions nocives. Il est alors encore plus essentiel de limiter sa ventilation respiratoire et donc l’intensité des efforts pour limiter la quantité d’air pollué qui pénètre dans les poumons. Une question d’actualité : le port du masque peut-il contribuer à limiter l’inhalation des éléments polluants ? La réponse paraît complexe, mais la respirabilité diminuée par le masque serait peut-être aussi un moyen de limiter l’effort et donc l’inhalation.

Pour en savoir plus sur la qualité de l’air et la pratique du vélo, cliquez ici

Pour finir, il ne faut pas oublier que d’autres activités quotidiennes outre nos déplacements impactent la qualité de l’air extérieur : barbecue, brûlage de déchets verts (c’est d’ailleurs interdit…), certains chauffages au bois, choix de notre voiture. Parfois aussi notre air intérieur est d’une qualité pire pour notre santé que celle de l’air extérieur. Alors à nous d’agir et d’aérer….

Le(s) confinement(s) : des expériences exceptionnelles pour observer les variations de qualité de l’air

Par l’arrêt quasi-total de la circulation automobile, le premier confinement a eu un impact énorme sur la qualité de l’air à Angers (cf le rapport spécifiquement réalisé par Air Pays de Loire). Il a été observé une diminution drastique des émissions de C02 et de NO2. Mais les teneurs en particules fines sont malheureusement restées élevées et l’indice global quotidien n’a pratiquement pas évolué.

La qualité de l’air en un lieu n’est pas seulement due à des activités et des actions locales. Il y a des déterminismes à des échelles régionales, nationales et même largement transfrontalières. Les particules fines sont transportées sur de longues distances. En mars dernier, les travaux agricoles, en particulier le travail du sol et les semis, battaient leur plein dans les vastes zones agricoles du bassin parisien, du Nord de la France et même des pays à l’Est de la France. Les vents dominants à ce moment-là ont transporté les particules émises jusqu’en Maine-et-Loire.

Ce second confinement va fournir l’expérience d’une autre saison et donc de conditions climatiques et agricoles différentes. A suivre donc.

Pour en savoir plus sur la qualité de l’air à Angers pendant le confinement, cliquez ici

Un nouvel indice de la qualité de l’air depuis début Janvier 2021

Comme prévu, depuis le 4 Janvier 2021, le calcul de l’indice de qualité de l’air a changé en France. Il intègre le niveau de particules fines dans l’air inférieures à 2.5 microns. Par ailleurs, le barème de classification du niveau de pollution est aligné sur l’échelle européenne, plus sévère que celle précédemment utilisée. La valeur « Très bon » disparaît pour un premier niveau simplement « Bon », inversement la catégorie « Extrêmement mauvais » apparaît.

Ces changements conduisent dans notre région à des valeurs journalières moyennes à mauvaises beaucoup plus fréquentes. Une carte régionale est publiée chaque jour ainsi que la prévision pour le jour suivant. Ces changements rendent mieux compte de la réalité et des enjeux sanitaires liés à la qualité de l’air. Les prises de conscience en particulier des citoyens devraient être favorisées, la comparaison avec les autres pays européens sera possible (par exemple https://aqicn.org/map/europe/fr/). Il faut aussi rappeler que sur les dix dernières années, les différentes composantes intégrées au calcul de cet indice ont favorablement évolué en Pays de la Loire.



Source http:www.airpl.org

Qualité de l’air Pays de la Loire 18 Janvier 2021

Janvier 2021

Carolyne