Réussir le déconfinement à pied et à vélo

L’espace n’est pas un luxe mais une nécessité en cette période de déconfinement. L’action de Place au vélo ne se limite pas à exiger plus d’espace en ville pour le vélo – geste barrière naturel – mais aussi et surtout pour les piétons qui ont toute légitimité à déborder de certains trottoirs pour respecter les distances de sécurité imposées par la pandémie. Dans ce contexte exceptionnel, l’abus d’occupation de l’espace public par la voiture devient indéfendable.

Rencontre en mairie : de l’information plus que de la concertation

Nous avons été reçus en mairie le 30 avril. On nous a présenté des mesures déjà prêtes à mettre en œuvre les jours suivants, dont beaucoup étaient dans les cartons puisqu’elles nous avaient été annoncées l’an dernier lors de nos réunions régulières avec les équipes techniques. Et rien n’était prévu pour empêcher l’espace public d’être à nouveau envahi par la voiture, ce qui s’est malheureusement vérifié encore plus vite que ce qu’on craignait.

Les deux urgences

Mais surtout, nous avons été étonnés du manque d’ampleur de ce plan de déconfinement pour les déplacements, alors qu’on allait retrouver du monde en ville dans des circonstances très particulières.
Pour nous l’urgence concernait bien sûr l’incitation à prendre le vélo plutôt que la voiture pour tous ceux qui craignent les risques de contamination dans les transports en commun. Mais plus urgent encore était d’assurer la sécurité des piétons en leur offrant un espace suffisant pour répondre aux impératifs de distanciation physique, en particulier dans les rues commerçantes, où les trottoirs sont souvent étroits.

Nous avons donc suggéré – comme nous l’avions déjà fait durant la campagne des municipales – de piétonniser plusieurs rues de l’hyper-centre, ou au moins d’y réduire l’espace de la voiture en faveur des piétons, ce qui nous a été refusé. Pas pour longtemps puisque, réflexion faite, le principe en a été acté dès le lundi 11 : une file de voitures en stationnement était supprimée rue Plantagenêt (entre le carrefour Rameau et la rue Saint-Laud), et rue Voltaire c’était l’une des deux files de circulation qui était neutralisée pour élargir l’espace des piétons.

On nous a présenté les nouveaux aménagements cyclables comme une « accélération » de travaux en faveur du vélo, ce qui n’est vrai que par rapport aux autres travaux (du tramway entre autres) qui eux ont été retardés du fait de la crise sanitaire. On ne s’est pas privés de rappeler à l’adjoint à la voirie que d’autres travaux manquaient un peu d’accélération : les aménagements vélo sur l’espace Poissonnerie/Molière (Cœur de Maine), toujours absents depuis l’ouverture de cet espace l’été dernier, et dont le détail avait été arrêté début décembre.
Cette réunion nous a tout de même permis de nous positionner sur deux objectifs à moyen terme : préparer les itinéraires vélo vers les collèges et les lycées avant la prochaine rentrée scolaire, et proposer une remise en selle à des personnes manquant d’assurance dans la circulation.
Nous continuerons à jouer sur les deux tableaux : pousser au développement d’un réseau cyclable cohérent et confortable, et inciter les gens à prendre le vélo, geste barrière à lui tout seul.