Lettre au préfet

Objet : Recours gracieux concernant l’obligation du port du masque par les cyclistes

M. le préfet,

Nous avons pris connaissance de vos arrêtés du 10 septembre concernant le port obligatoire du masque sur l’ensemble du territoire des villes d’Angers et Trélazé ainsi que d’autres communes du département.

Nous partageons pleinement le souci de santé publique qui inspire cette décision, et comprenons bien l’intérêt du masque comme des gestes barrières et de la distanciation, nécessaires pour enrayer la propagation du covid-19.

L’association Place au vélo regrette cependant que cet arrêté ne fasse aucune nuance entre les types d’usage de l’espace public, et donc entre les usagers concernés. Ainsi les personnes de 11 ans et plus circulant à vélo sur la voie publique, par la distanciation qu’impose naturellement ce mode de déplacement, ne sauraient être vecteurs de contamination au même titre que des piétons qui se croisent ou se suivent de près sur un trottoir ou une aire piétonne. De plus, l’effort physique qu’entraîne le déplacement à vélo, comme tout effort musculaire, implique une oxygénation renforcée, et donc une ventilation peu compatible avec le port d’un masque, ce que souligne bien l’Organisation mondiale de la santé. Nous vous avions déjà présenté ces deux arguments dans notre courrier du 18 août relatif au port du masque dans le centre ville d’Angers, courrier resté sans réponse.

Nous vous demandons en conséquence de revoir les arrêtés 2020-106 à 2020-110 du 10 septembre, particulièrement contraignants s’ils sont imposés en permanence sur l’ensemble d’un territoire. Une formulation visant « les piétons de 11 ans et plus ainsi que les autres usagers des aires piétonnes » nous semblerait mieux adaptée, et sans doute plus facilement applicable, étant entendu que toute personne se trouvant sur une aire piétonne pourrait être assimilée à la catégorie des piétons, cyclistes compris.

A défaut, une incompréhension risque de s’installer entre les personnes faisant l’effort de se déplacer sans engendrer la moindre pollution et les conducteurs d’engins motorisés autorisés à se déplacer sans masque sur l’espace public. Sans parler des clients des cafés restant longuement assis proches les uns des autres en terrasse, toujours sans masque.

Dans l’attente de votre réponse, et en espérant pouvoir compter sur votre compréhension, nous vous prions de trouver ici, M. le préfet, l’expression de nos sentiments respectueux.

Pour le bureau de Place au vélo,

Françoise Coste

Co-présidente